Le 1er avril dernier sur l’heure de midi près d’une cinquantaine de personnes avaient répondu à l’appel commun du Syndicat National des Instituteurs et Professeurs du primaire et de l’union de coordination locale de la FCPE et étaient rassemblées devant l’Inspection de l’Education Nationale de Noisy-le-Sec. Des représentants des directeurs d’établissements, des enseignants et des parents d’élèves ont été reçus en délégation par Christian Zamuner, inspecteur de l’Education nationale. Nous avons donc pu faire part à celui-ci de nos revendications concernant la situation inadmissible quant aux absences non-remplacées dans les écoles maternelles et élémentaires de la ville. Depuis janvier, nous avons compté plus de 200 journées au cours desquelles les élèves n’ont pas eu de professeurs. Il faut souligner que ce chiffre aurait pu être plus important si de nombreux enseignants n’avaient pas renoncé à leur formation pour ne pas laisser leur classe et éviter que leurs élèves ne soient reversés dans les classes de leurs collègues présents.
Munis des 800 signatures récoltées au cours des dernières semaines, nous avons donc demandé des remplaçants formés et titulaires.
UNE SITUATION CRITIQUE
Il y a 191 classes (élémentaires et maternelles) à Noisy-le-Sec et 18 remplaçants dont la mission est de compenser en priorité les congés maternité, les maladies longue durée, les congés parentaux. « Ces remplacements sont assurés », nous a confirmé Christian Zamuner. Mais ces personnes interviennent également pour les congés maladie de courte durée, les congés d’absence accordés pour formation. Et c’est là que leur nombre devient insuffisant. « On atteint les limites », disait Christian Zamuner. Car même si leur nombre est égal à la moyenne départementale (environ 10% de remplaçants pour le nombre total de titulaires), cela ne permet pas, en général, d’assurer tous les remplacements. Par exemple, le 1er avril, lorsque nous avons rencontré l’inspecteur, il y avait ce jour là, 4 classes sans remplaçants dans la ville. Une situation récurrente qui pose réellement des questions de fonctionnement.
« Je fais le maximum avec les moyens qui me sont délégués », lâchait l’inspecteur. Pour faire face, sans recruter, l’académie a décidé de faire appel à des étudiants stagiaires. Le 1er avril, une étudiante occupait ces fonctions dans la ville. Deux autres étudiants ont déjà permis à des enseignants de suivre des formations. Ces jeunes étudiants actuellement inscrits en niveau Master et également inscrits soit au concours de professeur des écoles soit au concours du capes ou de l’agrégation remplacent donc les titulaires. Ces jeunes non formés sont recrutés pour 4 semaines. Des « stages », selon le terme employé par l’inspecteur, rémunérés 750 euros nets la semaine qui peuvent être prolongés. « Ce système nous permet de boucher les trous et de répondre à une situation d’urgence », avouait Christian Zamuner. Ces personnes sont recrutées directement par l’inspecteur et ne bénéficient d’aucun encadrement particulier. Il revient donc au directeur d’établissement de les prendre en charge et de les former.
BENEFICIER DES MÊMES CONDITIONS D'ENSEIGNEMENT
Nous faisons face en Seine-Saint-Denis à des conditions déjà particulières et difficiles notamment en terme de précarité. Cette situation dans les écoles renforce encore le sentiment d’être lésé. On ne peut accepter cette discrimination dès l’école. Et c’est pour cela que nous demandons de pouvoir bénéficier des mêmes conditions d’enseignement que dans les autres départements.
Cinq ouvertures de classes sont d’ores et déjà prévues pour la rentrée 2010 à Noisy-le-Sec. Compte tenu de la situation actuelle et de cette dernière information, nous avons demandé la création de postes de ZIL pour assurer les remplacements de courte durée. Par ailleurs, tant qu’on fera appel à ces étudiants de Master, leur encadrement par le personnel de l’inspection est indispensable.
« Nous bouchons les trous »Pour remplacer les enseignants, l'Education nationale fait appel à des stagiaires non formés
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